Gestion intégrée des déchets verts

La réduction des déchets (Espaces verts et végétaux) est un sujet devenu brulant à cause du budget à la tonne important qu’il faut prévoir pour une commune ou un jardinier professionnel.

Il est bien sûr préférable de réfléchir à la valorisation des déchets plutôt qu’à leurs destructions.

Quelle personne a un des rôles les plus importants dans une commune ? : Le jardinier car il a un droit de vie ou de mort sur un végétal.

Couper une branche d’un arbre n’est pas anodin car la perte de cette branche diminue le système racinaire de cet arbre. Les nombreux rejetons, qui vont pousser au niveau de la coupe, vont donc affaiblir l’arbre et peuvent au bout de la nième fois faire mourir l’arbre.

Dans ce cas, il faut donc faire pousser la bonne essence d’arbre dans la bonne région et au bon endroit du village pour éviter de le tailler.

Par méthodologie faire un état des lieux un recensement du vivant et voir le temps à consacrer pour entretenir le patrimoine. Etablir un planning avec tableau de bord.

Principes très importants pour la vie d’un arbre :

si on ne touche pas à un arbre, il peut vivre très longtemps (Grand Père Châtaigner).

Plus on le taille, plus on réduit sa vie.

« Une taille sévère dans le courant de sa vie peut s’avérer être salutaire pour le rééquilibrer ou le soigner ! » Phrase utilisée par des organismes pro s’occupant de la forêt varoise, taillée en pièces dans notre article un petit peu plus loin.

Dans ce petit exposé nous parlerons de la gestion intégrée et durable des végétaux, de la réduction du volume des produits du jardin, du rôle primordial du jardinier dans un village et de la taille des essences locales. La description technique du fonctionnement d’un arbre sera nécessaire pour justifier le rôle et l’impact d’une taille génératrice de déchets verts.

La gestion intégrée et durable des végétaux peut faire appel à des connaissances botaniques importantes : l’ethnobotanique.

Dès la phase de conception, la gestion intégrée est la prise en compte des facteurs écologiques, économiques et sociaux liés.

Par exemple utiliser des matériaux locaux et des botaniques régionales : par ex dans le sud, plantation d’un arbre feuillu pour faire de l’ombre en été et laisser passer la lumière en hiver.

Les jardins partagés (gratuits pour la commune) sont l’intégration sociale parfaite ; les jardins dans la rue où tout le monde pourrait se servir, seraient formidables mais apportent des problèmes juridiques de responsabilité.

Aujourd’hui, une taille sera tolérée pour la sécurité (ex buisson qui empiète sur un trottoir) mais là encore se posera la question du bon choix de végétal au bon endroit ! Il fallait concevoir avec des espèces du coin, un cadre agréable « parking ombragé » et étudier l’implantation logique « distance, envergure, race des arbres ».

On devra au préalable étudier l’impact de ces travaux sur la biodiversité.

Il ne faudra pas subir l’esthétique du végétal : ce sera un des plus grands dilemmes de cette activité.

La gestion durable sera l’ensemble des activités mises en place pour répondre aux besoins des générations actuelles sans compromettre le bien-être des générations futures.

Il faut maintenir la terre et les végétaux en bonne santé. Maintenir un arbre en bonne santé c’est aussi entretenir la qualité de la terre qui est en dessous.

Les bonnes pratiques auront un faible impact sur la nature et le jardin.

D’abord outils à main, ainsi, on a le temps de se poser des questions. A la machine, tout va trop vite et les dégâts ne se constatent qu’après.

A la main, on limitera le nombre de sections et donc de plaies pour la cicatrisation. Il faut quand même noter que la vie de l’arbre se situe autour du tronc et des branches sous l’écorce et que le bois est mort au milieu : par définition, un gros arbre ne cicatrisera jamais ! Il est nécessaire de limiter les coupes et les tailles pour cette autre raison (la première était la diminution du système racinaire).

Rappel1 : l’arbre possède un système de pompe qui pousse l’eau et les sels minéraux de la terre à partir des racines vers les branches et feuilles par un ensemble de milliers de petits canaux logés sous l’écorce (l’aubier) : c’est la sève brute. Elle va parcourir son chemin jusqu’à la feuille où va s’opérer la photosynthèse. Puis la sève enrichie dite élaborée va redescendre jusqu’aux racines en empruntant d’autres canaux.

La sève brute monte des racines jusqu’aux nervures des feuilles via son réseau de vaisseaux dédiés par absorption d’eau au niveau des racines. Gonflées d’eau, il se crée une surpression entrainant une poussée de la sève vers le haut de l’arbre.

La sève élaborée redescendra par gravité par un autre réseau de vaisseaux

Rappel2 : la photosynthèse est un processus de fabrication de matière organique sous l’effet de la lumière par les plantes grâce à la chlorophylle contenue dans les feuilles. Certains sucres sont fabriqués à ce moment-là , certains parlent de transpiration lorsqu’ils évoquent cet échange gazeux.

Rappel3 : Lorsque la plante transpire (absorption de CO2 et rejet d’O2), la colonne formée par les molécules d’eau en cohésion s’évapore dans l’atmosphère. Pour conserver cette cohésion et compenser cette perte la plante absorbe de l’eau par osmose dans les racines. Il se crée à ce moment là une petite dépression qui sera combinée avec la pression des racines ce qui créera cette microcirculation de la sève brute montante.

Rappel4 :Les sucres transportés par la sève élaborée ou descendante seront stockés dans les racines (betteraves, pommes de terre).

Ces petits rappels sont nécessaires pour comprendre que lorsqu’on abîme l’écorce de l’arbre ou la tige d’une plante, on fragilise voire détruit un certain nombre de canaux spécifiques véhiculant la sève.

C’est un élément du végétal plus haut (une branche) ou plus bas (une racine) qui sera endommagé car il ne sera plus alimenté en sève.

Le système de pompe sera endommagé et interrompu sur un certain nombre de canaux et la nature ne sait pas réparer cette interruption de pression, il n’y a pas de réarmement de la pompe « sève ».

Certain biologiste disaient à une époque que l’arbre décidait de lui-même d’abandonner une branche pour se protéger. En fait, c’est une interruption de cette circulation de sève qui a eu lieu pour une raison mécanique.

La taille d’un arbre est un réflex humain terrible pour l’arbre :

on taille l’arbre car il est dangereux ; la réalité c’est parce qu’on le taille qu’il est dangereux ! De plus, des idées reçues continuent à se propager sur le sujet de la taille sévère d’un arbre.

Nous avons cherché à comprendre pourquoi les multiples rejets d’une coupe sévère affaiblissent l’arbre voire le font mourir. Le lien interne suivant vous donnera toutes les explications concernant cette agression de la nature.

Le jardinier doit aider la population en modifiant lui-même ses actions, en faisant des propositions aux habitants et aux élus décideurs. Il doit vendre des actions bénéfiques autour de lui et, au fur et à mesure, chacun doit faire sa part.

Pas de pesticides, préserver le vivant : deux concepts de base.

L’utilisation des outils à main est requise ; il doit faire une différenciation de traitement entre les zones ou les jardins suivant leur emplacement et leur utilisation avec l’accord de la hiérarchie .

Le jardinier doit modifier par son travail et sa communication aux autres le regard sur le jardin, avoir une activité qui répond aux besoins de la collectivité sans compromettre le futur des espaces dont il s’occupe.

La commune de Méounes a créé une zone en gestion écologique. Il y a eu beaucoup d’oppositions au projet et leur philosophie de communication a été pragmatique :

On explique, on fait puis on communique.

Il est conseillé d’éditer un flyer pour communiquer et expliquer à la population :

« Zone en gestion écologique, « Vous entrez dans un espace naturel » dans chaque commune il y a un patrimoine ».

Réduction du volume et du poids des produits résiduels du jardin

  • Le plus simple : ne pas tailler
  • Le plus intelligent : planter correctement à la conception, taille douce, très peu.
  • Le plus facile : le broyage divise par 7 le volume de départ. Mettre des galets dans les chemins à la place du tout-venant
  • Le plus gouteux : au lieu de jeter les fruits abimés, on les donne pour faire des confitures ou du vin. Les olives peuvent être ramassées par les villageois en suivant un protocole.
  • Le plus compliqué : c’est quand on n’a pas d’accès.
  • Le plus économique : ne rien faire !

On voit bien que le plus économique et le plus simple pour un jardinier est de bien penser ses plantations et ses créations dès la conception.

Tailles des haies : aiguiser l’outil 2 fois par jour puis désinfecter la plante et les outils.

Penser à la chaleur de la terre car la plante réagit très bien à la température de l’air mais pas bien du tout à celle du sol. Il a même été constaté un léger déplacement de l’arbre vers une source de fraicheur grâce au développement racinaire.

Les tontes ont aussi un impact sur la nature. En effet une tonte de pelouse à la mauvaise période modifie les nichées d’insectes et en général leur habitat. Des tontes différenciées sont faites en fonction du passage, des coureurs à pied et peuvent ainsi réduire de 50% les volumes de déchets.

Le compostage est une affaire de spécialistes car un bon compost doit avoir subi une mélange équilibré, criblé avec de la terre et surtout avoir subi une montée en température maitrisée pour garantir une fermentation optimale. Cette technique est trop complexe.

Pourquoi il ne faut surtout pas bruler ses déchets verts :

Chaque jardin peut générer jusqu’à 160 kg de déchets verts par jardin et par an. Il a été constaté que dans le département du Puy-de-Dôme, le brulage de déchets verts générait 7 tonnes de particules fines ce qui représente 1% des émissions totales du département.

Il faut savoir que 50 kg de déchets verts brulés équivalent à 13000 km parcourus par un véhicule diesel récent !

Note : la quantité estimée, assez précisément, de carbone dans tous les arbres en France est de 62 millions de tonnes et le sol contiendrait 20 millions de tonnes de carbone. Imaginons que cette forêt soit brulée, imaginons aussi le désastre de la teneur en microparticules que cela générerait dans l’air.

Essayons de faire comme le jardinier, apporter sa petite pierre à l’édifice en limitant au maximum les feux de déchets verts.

Les déchets peuvent être broyés ou amené à la déchetterie pour être diminués par des broyeurs puissants : les résidus, le broyat est un fabuleux produit pour amender les jardins.

Comment faire : 2 solutions

Tout d’abord composter en tas avec un mélange astucieux de végétaux fibreux (carbone) et de végétaux verts (azote) . Ne pas laisser le tas croupir dans l’humidité et l’eau .Des bactéries et champignons vont venir les décomposer en matières organiques assimilables par les plantes.

Sinon, l’autre solution est d’étaler le broyat sur la terre pour protéger le sol des rigueurs de l’hiver (5 à 10 cm pas plus).

Le paillage est l’outil optimal pour un jardin car il contient des nutriments.

Il est issu soit directement de la paille soit du résultat de divers broyages de végétaux.

Attention, l e broyage du bambou contient de la silice à mettre dans un sol argileux et à écarter des tronçonneuses.

Petite info, tous les paillages conviennent partout. Il est conseillé de pailler avec les mêmes éléments que les végétaux que l’on veut protéger car il sera plus facilement assimilable par le sol : on recrée ainsi la forêt. Certains comme le pin sont plus acides que d’autres : à surveiller.

Les spécialistes du jardin se rapprochent de l’agroforesterie qui est une technique de jardin qui reproduit le fonctionnement de la forêt dans le jardin.

Les avantages principaux du paillage :

  • Limitation des arrosages

Sur un sol nu, l’évaporation (pertes en eau) est 3 fois plus importante que sur le sol forestier. La transpiration des feuilles est également accrue en été lorsque les températures augmentent réchauffant ainsi les racines des plantes. Le paillage permettra d’absorber l’eau d’arrosage et de maintenir l’humidité du sol.

  • Le désherbage chimique disparait car le paillage empêche la lumière d’atteindre la surface du sol, et par conséquence la germination et le développement des mauvaises herbes .
  • Les résidus de broyage ou la paille servent de refuge pour les insectes utiles pendant l’hiver.
  • La décomposition du paillage organique en humus enrichira la terre.
  • Les légumes et les fruits seront plus propres car pas d’éclaboussure lors de pluie.
  • Le paillage améliorera la croissance et la santé des végétaux en atténuant les stress ressentis par les plantes et limitant la sensibilité aux attaques parasitaires. De plus l’eau transporte les champignons qui se trouvent sur le sol et qui peuvent être néfastes pour les plantes. Le paillage évitera la contamination des autres plantes et des autres parcelles.
  • La minéralisation des sols sera favorisée par cette protection végétale. En effet les micro-organismes pourront effectuer leur travail de digestion et donc de création d’éléments nutritifs de façon plus constante en ne subissant pas les variations climatiques de la surface du sol.
  • La terre ne durcit pas pendant une forte pluie. En effet le paillage évite la formation d’une croûte imperméable en surface de la terre du jardin qui empêche l’eau de pluie de pénétrer et l’eau d’arrosages de s’infiltrer.

Les bordures des allées peuvent être alimentées en paillage pour leur propreté et netteté face aux mauvaises herbes.

Rappel : La plante est parfaitement capable de combattre la chaleur en aérien par une courbure des feuilles accompagnée d’un repli sur elles-mêmes. Si après un tel combat, on rajoute un arrosage abondant, la plante devient complètement désorganisée, ne luttera plus contre la chaleur et pourra même en mourir. On peut même observer le retournement des feuilles d’oliviers lorsqu’il pleut. Laissons faire la nature en aérien et protégeons simplement la terre par un bon paillage.

Le paillage tout au long de l’année ?

Au printemps : retirez le paillage, le sol se réchauffe et cela évite la prolifération des parasites.
En été : lors des grosses chaleurs, épandre le paillage sur le sol humide. Pensez à le ratisser en période de sécheresse prolongée, afin de laisser la pluie pénétrer le sol.
En automne : couvrir le sol après l’avoir rendu plus meuble. Il aura, au printemps, une excellente texture et une fertilité élevée.
Le paillage d’automne a aussi l’avantage de protéger du froid les plantes type herbacées, plantes qui ont la texture d’une herbe.

Esthétiquement, dans les endroits de prestige, la tonte et la taille se feront en dégradé jusqu’à la forêt : à prendre en compte même dans les communes !

De manière générale, dans une commune, créer des endroits différents : le prestige puis le semi-naturel et au plus loin le naturel.

Economie circulaire : transformation d’un grand nombre de produits en confiture.

Un palmier dattier (bucia capitata) peut être planté pour envisager plus tard de récupérer les fruits pour préparer des pots de confiture.

Note info : un palmier est-il un arbre ou une herbe ?

Un palmier est vivant à l’intérieur et mort à sa circonférence donc est une herbe.

Un arbre est mort à l’intérieur et vivant sur sa circonférence.

Petite astuce pour l’écoulement des eaux : planter son jardin non pas en ligne mais en vague pour ne pas que l’eau ruisselle tout au long de la rangée : elle s’arrêtera au premier creux qu’elle rencontrera et ainsi de suite.

Un jardin est un lieu de vie interactive où les oiseaux, les insectes, les abeilles vont vivre ensemble au milieu des arbres, des plantes, des légumes, du fumier, du compost. Les fourmis élèvent lespucerons combattus par les larves de coccinelles. Chacun a besoin de l’autre pour son épanouissement et sa survie.

En conclusion,

  • Sachez pratiquer la non taille
  • Taille douce, respectueuse.
  • Faites et faites faire tous les jours un geste de non agression à la nature
  • Pensez chaque fois à l’impact pour le futur de nos actions présentes

Marie-France DUFOUR, François GRIFFON

Le lien interne suivant vous présentera les 30 gestes importants déco-jardinage.

Le lien interne suivant vous décrira parfaitement la CHARTE-ECORESPONSABLE

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